Staphylococcus (famille des Staphylococcaceae)

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mardi 1 février 2005

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1. morphologie classification

Les coques Gram + catalase + le plus souvent rencontrés au laboratoire sont distingués en deux genres principaux par le type respiratoire : Staphylococcus et Micrococcus.
Les Staphylococcus sont des coques Gram + possédant une catalase, oxydase - avec les réactifs habituels, toujours immobiles.
Le GC % est de 30 à 39 %.
Les Staphylococcus sont occasionnellement pathogènes, souvent en amas au Gram.
Ils peuvent être capsulés.
Au contraire, les Micrococus sont souvent de gros coques, en tétrades. On prendra garde toutefois à la nature du milieu : s'il est hypersalé les coques sont souvent plus gros.

Ces Micrococcus, ainsi que d'autres bactéries possèdant les mêmes caractères, généralement aérobies strictes contrairement aux Staphylococcus aéro-anaérobies ont un GC% élevé de 68 à 74 %. Ils sont aujourd'hui classés dans une famille des Micrococaceae redéfinie. Seul le genre Planococcus reste apparenté aux Staphylococcus.

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2. habitat

Les Coques Gram + catalase + sont des parasites des muqueuses et de la peau. On les trouve aussi dans la flore intestinale.

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3. pouvoir pathogène

Deux types sont à distinguer : l'infection d'une part, l'intoxination alimentaire d'autre part.

3.1. Infection et chocs toxiques :

Un bactérie domine : Staphylococcus aureus qui est un hôte normal de l'individu (commensal). Les autres Staphylococcus sont très opportunistes.

Toutes les infections sont possibles particulièrement de la peau (furoncles, anthrax, cellulite, panaris, impétigos...) ou à partir de la peau. Les autres Staphylococcus sont aussi rencontrés en particulier sur terrain débilité. Il est possible que des souches soient plus pathogènes que d'autres mais leur identification n'est pas suffisante pour les individualiser. C'est le cas des souches possédant une panto-valentine leucocidine (PVL) pouvant provoquer des pneumonies très sévères sur des terrains non débilités.

Dans certains cas le mécanisme est aussi immunopathogène par production de superantigènes, retrouvés d'ailleurs dans le cas de l'intoxination alimentaire (chocs toxiques qui dans sa forme sévère est caractérisé par la fièvre (> 39°C), une hypoteension systolique, un rash cutané scarlatiforme, vomissements et diarrhées, myalgies, thrombopénie, etc...).

Différents produits extracellulaires peuvent être des facteurs de virulence :

 Coagulase  coagule le plasma et favorise donc l'isolement de l'infection dans un cocon protecteur.
 Hyaluronidase  hydrolyse l'acide hyaluronique des tissus conjonctifs.
 Phosphatase  hydrolyse les différentes molécules phosphatées cellulaires.
 Gélatinase  hydrolyse les collagènes tissulaires.
 Hémolysine alpha  détruit les cellules probablement en "perçant" par un mécanisme inconnu la membrane (DL50 40 µg par kg de souris).
 Leucocidine  tue les granulocytes et les macrophages par fixation sur la membrane (souches provoquant des furoncles ou des pneumonies).
 « Entérotoxines »  responsable des empoisonnements alimentaires probablement par un mécanisme de "super-antigènes" (voir intoxination)
Elles sont thermorésistantes (à 100°C).
TSST1 toxine de choc staphylococcique de même nature que les entérotoxines et pouvant provoquer un grave choc superantigénique
 Exfoliatine  dissocie la couche granulaire de l'épithélium. Elle est responsable de lésions bulleuses. Le mécanisme d'action est superantigénique d'une part, et activateur probable d'une protéase clivant les desmosomes reliant les cellules granuleuses de l'épiderme.
 Protéine A  provoque la fixation des IgG par le fragment Fc et isole donc les Staphylocoques de l'action du site anticorps,
est cytotoxique, et déclenche la réaction inflammatoire.
 Récepteur au fibrinogène (Coagulase liée) favorise la fixation des bactéries sur les caillots ou sur les tissu recouverts de fibrinogène.

Différentes causes favorisent l'infection staphylococcique :

 1  Ruptures cutanées (blessures, interventions chirurgicales, brûlures, dermatoses)
 2  Corps étrangers (poussières et gravillons dans une plaie, points de suture, cathéters, prothèses).
 3  Une infection virale préalable (grippe et rougeole en particulier).
 4  L'usage préalable d'une antibiothérapie pour laquelle le Staphylococcus est résistant.
 5  les déficits leucocytaires quantitatifs (leucopénie) ou qualitatifs (comme la granulomatose familiale).
 6  Les déficits dans l'immunité humorale (Anticorps)
 7  Diverses pathologies : diabète, artériosclérose, éthylisme, insuffisance rénale

Intoxication alimentaire :

Certains Staphylococcus aureus, extrêmement fréquents, sont capables de produire une toxine thermorésistante dans des aliments, toxine qui déclenche un syndrome digestif peu grave.

Elle agit comme superantigène.
Dans l'aliment, les Staphylococcus sont très souvent apportés par un manque d'hygiène du personnel. Pensons à la cuillère qui sert à goûter puis à regoûter un plat. L'aliment en cause est favorable à la culture, mais, même chauffé, il reste dangereux car, si les bactéries sont thermosensibles, la toxine est thermorésistante.

Elle est souvent appelée entérotoxines : ce terme est impropre puisqu'elle agit non sur l'intestin mais sur le système immunitaire intestinal. Le terme d'immunotoxines serait préférable. D'autre part, il ne s'agit pas d'une infection : le terme de TIAC, toxiinfections alimentaire collective, souvent utilisé, est faux. On doit parler d'intoxination.

Rq : certains auteurs donnent comme mécanisme d'action de l'entérotoxine la stimulation de récepteurs nerveux intestinaux parasympatiques. Peut-être ces deux interprétations se rencontrent-elles par une stimulation nerveuse liée aux médiateurs libérés par l'action superantigénique !!!

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4. isolement

Les coques Gram + catalase + cultivent facilement sur gélose ordinaire. On trouvera souvent des Micrococcus contaminants de l'air sur les milieux d'isolement. Ils proviennent probablement des individus par la desquamation de la peau par exemple.

Deux milieux sélectifs sont utilisables :

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5. identification

identification du genre

Les deux genres Staphylococcus et Micrococcus, souvent retrouvés dans les mêmes prélèvements, sont avant tout distingués par le type respiratoire. La voie d'attaque du glucose est en rapport.

D'autres tests sont possibles, utilisés avec ou sans les précédents.
Ce sont

identification d'espèce

L'identification d'espèce de Staphylococcus peut se faire par :

La galerie pourra donc comprendre :

démarche d'identification en bactériologie médicale

Le diagramme suivant permettra de conclure pour la bactériologie médicale. La présence d'un seul facteur de pathogénicité suffira. Les réactifs actuels de coagglutination sont de toute façon polyvalents.

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6. traitement et antibiogramme

Le traitement des Staphylococcies a été révolutionné par l'apparition de la Pénicilline. Malheureusement les résistances sont très rapidement venues compliquer les choses dès 1946.

L'antibiogramme est donc essentiel.

L'existence d'un mode particulier d'expression de la résistance est rencontré avec la méticilline ou l'oxacilline (pénicillines M) : c'est la résistance hétérogène que seule 1 bactérie sur 105 exprime (sauf pour les clones purs). Cette résistance est liée à une nouvelle protéine liant les béta-lactamines (PLP), enzyme de synthèse du peptidoglycane, qui ne lie plus (ou mal) les béta-lactamines. Ces Staphylococcus aureus sont appelés SARM ou Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (en fait oxacilline).

On réalise pour leur recherche un antibiogramme dans des conditions particulières :

Attention : la résistance hétérogène à l'Oxacilline ou à Méticilline entraîne une résistance à TOUTES LES BÉTALACTAMINES

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7. prophylaxie

La prophylaxie des staphylococcies est particulièrement difficile.

Il est parfois utile d'éviter l'utilisation des antibiotiques en se contenant d'antiseptiques pour éviter l'émergence de souches multirésistantes : il ne faut pas oublier que le Staphylococcus pathogène est souvent un hôte normal de la peau du malade!

Des mesures d'hygiène sont probablement la seul façon d'éviter la transmission.

Un vaccin aurait été mis au point (OptionBio 296) par une équipe américaine : il est composé de polyosides capsulaires (types 5 et 8 parmi les 12 types connus) conjugué à une protéine, l'exoprotéine A de Pseudomonas aeruginosa recombinante (obtenue atoxique par génie génétique).

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Texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci mardi 1 février 2005

compléments