[ morphologie - classification | pouvoir pathogène | isolement | identification | traitement et antibiogramme | prophylaxie | compléments]
Ce sont des bactéries sans paroi et incapables de produire les précurseurs de peptidoglycanes contrairement aux formes L ou les protoplastes. On ne trouve donc pas de PLP, protéines liant la pénicilline, chez les mycoplasmes. Elles formaient une classe aux côtés des classes des Firmicutes (Gram +) et Gracilicutes (Gram -), la classe des Mollicutes (peau molle) ou Ténéricutes mais sont très proches de bactéries Gram + en particulier Erysipelothrix et Clostridium. Les études génétiques les ont donc transférées dans la Classe II (Mollicutes) des Firmicutes (phyllum XIII) (voir Bergeys).
Tous les mycoplasmes sont évidemment résistant aux bétalactamines.
Elles sont très fines (0,3 µm) et donc traversent les filtres de porosité 0,22 µm.
Elles sont très polymorphes, sont trouvées comme parasites (commensales ou pathogènes) des animaux et des plantes (spiroplasmes des agrumes), ou comme saprophytes.
Les Mycoplasmes parasites ont une forte tendance à se coller aux cellules car elles sont très généralement à la recherche de cholestérol, indispensable à la structure de leur membrane plasmique. Il existe des Mycoplasmes qui n'ont pas besoin de cholestérol.
Leur culture est difficile en particulier car leur génome est réduit (0,5 Gg mol-1 ou 0,9 Mpb). Elles furent prises parfois pour des virus avec leur culture sur oeuf embryonné mais elles sont toutefois capables de multiplication sur milieu acellulaire... Ce sont pourtant les bactéries qui ont le plus petit génome tout en étant capables de multiplication autonome. La plupart sont des bactéries parasites des muqueuses. Leur GC% va de 23 à 35 environ.
Classification de la Classe des Mollicutes (Mycoplasmes)
d'espèces
Mpb
cholestérol
Ordre des Mycoplasmataceae
.
Famille des Mycoplasmataceae
Genre Mycoplasma
..
vertébrés
Genre Ureaplasma
Uréase +
vertébrés
Ordre des Entomoplasmataceae
Famille Entomoplasmataceae
.
Insectes
Plantes
Famille Spiroplasmataceae
hélicoïdale
Insectes
Plantes
Ordre des Acholeplasmataceae
.
.
tous
Ordre des Anaeroplasmataceae
.
anaérobies strictes
Rumen
(ruminants)

Mycoplasmes au milieu des cils de cellules ciliées

Mycoplasmes
Il existe de nombreux mycoplasmes commensaux. Les espèces pathogènes sont très généralement des commensales. Les mycoplasmes pathogènes sont donc des pathogènes opportunistes dans l'état actuel de nos connaissances.
On peut distinguer de façon pratique :
- les Mycoplasmes respiratoires avec Mycoplasma pneumoniae est fréquemment responsable d'infections pulmonaires relativement bénignes (10 %) et suivies d'une bonne protection immunologique qui est essentiellement moléculaire (IgA, IgM des sécrétions)
- les Mycoplasmes génitaux ou uro-génitaux avec
- Ureaplasma urealyticum est responsable d'urétrites chez l'homme (15 à 20 % des urétrites non gonococciques), d'infections génitales chez la femme bien que commensales chez 65 (15???) % des femmes...
- Mycoplasma hominis responsable de salpingites chez la femme,
- Mycoplasma genitalium qui semble responsable de métrites chez la femme.
On ne doit pas prendre ces données avec trop d'absolu : les infections à M. hominis sont possibles chez l'homme mais plus rares.
La comparaison du nombre de partenaires sexuels et de la positivité en mycoplasmes montre une forte transmission sexuelle. La recherche des mycoplasmes est importante pour le diagnostic des stérilités féminines.
Le diagnostic est difficile pour deux raisons :
- la grande difficulté de la culture
- la nécessité de faire une numération avant d'affirmer le rôle pathogène de la souche. (on considère le rôle pathogène à partir de 104 mycoplasmes par mL)
Les milieux de culture utilisés, obligatoirement isotoniques, sont à base de :
- NaCl
- glucose
- éventuellement DNA apportant les bases azotées nécessaires
- protéines
- extrait de levure
- sérum qui apporte notamment le cholestérol dans les lipoprotéines et bien d'autres ingrédients
Le pH doit être adapté aux espèces recherchées.
Exemples de milieux :
L'identification peut reposer sur : (voir fiche Mérieux)
- la mise en évidence de l'ADH et de l'Uréase
- l'examen macroscopique des colonies et éventuellement de leur coloration par le MnO2.
Mycoplasma pneumoniae Mycoplasma
fermentansMycoplasma hominis Ureaplasma urealyticum Voie d'attaque du glucose fermentative du glucose fermentative du glucose glucose - glucose - Uréase - - - + ADH - + + - pH optimum 6,5 - 7,5 7,3 - 8 5,5 - 8 5,5 - 6,5 taille des colonies - 100-300µm 100-300 µm 10-50 µm forme - oeuf sur le plat oeuf sur le plat en oursin (brunes sur milieu au Mn)
On doit toutefois plutôt réaliser une numération selon les techniques suivantes:
voir feuille technique En résumé, cette technique repose sur l'ensemencement d'une galerie miniaturisée par un bouillon Arginine Urée dans lequel l'écouvillon de prélèvement a été porté. Il s'agit donc d'une dilution (approximative) du prélèvement. (en réalité, l'écouvillon est placé dans un milieu de transport qui sert à la mise en suspension du milieu Arginine Urée lyophilisé). Les différentes cupules sont :
technique Mycoplasma IST

Une autre technique est développée : Mycofast. Elle sera développée prochainement. (International Microbio)

Des vaccins sont en cours d'étude.
Les Mycoplasmes sont évidemment insensibles aux b-lactamines, mais aussi aux sulfamides, rifampicine et quinolones.
On utilise essentiellement les tétracyclines y compris pour les citronniers...
Un antibiogramme en milieu spécial est possible par utilisation des galeries ATB ensemencées à l'aide d'un milieu approprié ou par la technique des dilutions par mesure de l'inhibition métabolique en microplaques. (voir ci-dessus)
5. prophylaxieDans une certaine mesure, les protections adoptées dans le cadre de la lutte contre les MST sont efficaces pour les Mycoplasmes transmis génitalement.
Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci. Le10.5.2004
compléments