Mollicutes (Mycoplasmes)

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 Lundi, 10 mai 2004


1. morphologie classification

Ce sont des bactéries sans paroi et incapables de produire les précurseurs de peptidoglycanes contrairement aux formes L ou les protoplastes. On ne trouve donc pas de PLP, protéines liant la pénicilline, chez les mycoplasmes. Elles formaient une classe aux côtés des classes des Firmicutes (Gram +) et Gracilicutes (Gram -), la classe des Mollicutes (peau molle) ou Ténéricutes mais sont très proches de bactéries Gram + en particulier Erysipelothrix et Clostridium. Les études génétiques les ont donc transférées dans la Classe II (Mollicutes) des Firmicutes (phyllum XIII) (voir Bergeys).

Tous les mycoplasmes sont évidemment résistant aux bétalactamines.

Elles sont très fines (0,3 µm) et donc traversent les filtres de porosité 0,22 µm.

Elles sont très polymorphes, sont trouvées comme parasites (commensales ou pathogènes) des animaux et des plantes (spiroplasmes des agrumes), ou comme saprophytes.

Les Mycoplasmes parasites ont une forte tendance à se coller aux cellules car elles sont très généralement à la recherche de cholestérol, indispensable à la structure de leur membrane plasmique. Il existe des Mycoplasmes qui n'ont pas besoin de cholestérol.

Leur culture est difficile en particulier car leur génome est réduit (0,5 Gg mol-1 ou 0,9 Mpb). Elles furent prises parfois pour des virus avec leur culture sur oeuf embryonné mais elles sont toutefois capables de multiplication sur milieu acellulaire... Ce sont pourtant les bactéries qui ont le plus petit génome tout en étant capables de multiplication autonome. La plupart sont des bactéries parasites des muqueuses. Leur GC% va de 23 à 35 environ.

Classification de la Classe des Mollicutes (Mycoplasmes)

nombre
d'espèces
taille du génome
Mpb
besoin
cholestérol
particularités
habitat
Ordre des Mycoplasmataceae .
Famille des Mycoplasmataceae Genre Mycoplasma
85
1,0
+
.. vertébrés
Genre Ureaplasma
5
1,1
+
Uréase + vertébrés
Ordre des Entomoplasmataceae Famille Entomoplasmataceae
9
1,1
V
. Insectes
Plantes
Famille Spiroplasmataceae
11
1,6
+
hélicoïdale Insectes
Plantes
Ordre des Acholeplasmataceae .
9
1,6
-
. tous
Ordre des Anaeroplasmataceae .
5
1,5
V
anaérobies strictes Rumen
(ruminants)

Mycoplasmes au milieu des cils de cellules ciliées

Mycoplasmes

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2. pouvoir pathogène

Il existe de nombreux mycoplasmes commensaux. Les espèces pathogènes sont très généralement des commensales. Les mycoplasmes pathogènes sont donc des pathogènes opportunistes dans l'état actuel de nos connaissances.

On peut distinguer de façon pratique :

On ne doit pas prendre ces données avec trop d'absolu : les infections à M. hominis sont possibles chez l'homme mais plus rares.

La comparaison du nombre de partenaires sexuels et de la positivité en mycoplasmes montre une forte transmission sexuelle. La recherche des mycoplasmes est importante pour le diagnostic des stérilités féminines.

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3. isolement et identification des mycoplasmes d'intérêt médical

Le diagnostic est difficile pour deux raisons :

3.1 milieux de culture

Les milieux de culture utilisés, obligatoirement isotoniques, sont à base de :

Le pH doit être adapté aux espèces recherchées.

Exemples de milieux :

3.2 Identification

L'identification peut reposer sur : (voir fiche Mérieux)

Mycoplasma pneumoniae Mycoplasma
fermentans
Mycoplasma hominis Ureaplasma urealyticum
Voie d'attaque du glucose fermentative du glucose fermentative du glucose glucose - glucose -
Uréase
-
-
-
+
ADH
-
+
+
-
pH optimum
6,5 - 7,5
7,3 - 8
5,5 - 8
5,5 - 6,5
taille des colonies -
100-300µm
100-300 µm
10-50 µm
forme - oeuf sur le plat oeuf sur le plat en oursin (brunes sur milieu au Mn)

3.3 Numération

On doit toutefois plutôt réaliser une numération selon les techniques suivantes:

technique simplifiée (Mycoplasma-Kit Mérieux) commercialisation abandonnée
  • un bouillon Arginine Urée est ensemencé avec l'écouvillon
  • trois gouttes de la suspension sont portées sur gélose A7

Identification biochimique : Après culture anaérobie ou µaérophile, la couleur du bouillon permet l'identification :

  • rouge framboise : forte alcalinisation due à l'ADH (Mycoplasma hominis)
  • rouge orange : alcalinisation plus faible montrant l'Uréase (Ureaplasma urealyticum)
  • jaune orange : pas de changement (négatif)
  • jaune citron : forte acidification à partir du glucose (Mycoplasma fermentans)

Numération : La gélose (A7) permet, en comparaison avec les abaques (pour la densité et la forme des colonies), de déterminer le nombre d'UFC et de conclure.

Identification macroscopique : Les colonies, qui s'incrustent dans la gélose par leur centre avec une acumination leur donnant l'aspect d'oeuf sur le plat, ont les caractéristiques suivantes :

  • Mycoplasma hominis : colonies en oeuf sur le plat de 100 à 300 µm.
  • Ureaplasma urealyticum: colonies en oeuf sur le plat de 10 à 50 µm.
  • Mycoplasma fermentans: colonies en oeuf sur le plat de 100 à 300 µm.

Deux types de colonies sont parfois observés dans le cas d'une forte alcalinisation : Mycoplasma hominis et Ureaplasma urealyticum peuvent en effet être associés dans le prélèvement.

On se reportera à l'abaque bioMérieux en cas de problème d'interprétation et pour le résultat de la numération.

PROTOCOLE

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4. traitement

Des vaccins sont en cours d'étude.
Les Mycoplasmes sont évidemment insensibles aux
b-lactamines, mais aussi aux sulfamides, rifampicine et quinolones.
On utilise essentiellement les tétracyclines y compris pour les citronniers...
Un antibiogramme en milieu spécial est possible par utilisation des galeries ATB ensemencées à l'aide d'un milieu approprié ou par la technique des dilutions par mesure de l'inhibition métabolique en microplaques. (voir ci-dessus)

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5. prophylaxie

Dans une certaine mesure, les protections adoptées dans le cadre de la lutte contre les MST sont efficaces pour les Mycoplasmes transmis génitalement.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci. Le 10.5.2004

compléments