Mycobactéries (genre Mycobacterium)


mise à jour le mardi 4 novembre 2008

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Les Mycobactéries sont des bactéries colorées de façon particulières par la coloration de Ziehl Neelsen.
Elles sont très étudiées car responsables de deux graves maladies :

De nombreuses Mycobactéries commensales prennent une grande importance chez les immunodéprimés et surtout les Sidéens.

Les Mycobactéries sont incluses, en 2003, dans la classification du Bergey's, dans la phylum des Actinobacteria, la Classe III : Actinobacteria, sous-classe V Actinobacteridae, Ordre I : Actinomycétales, sous-ordre VI Corynebacterineae, famille IV des Mycobacteriaceae. Un seul genre : Mycobacterium.
Les Mycobactéries sont donc proches des Corynebactéries.


1. La coloration de Ziehl-Neelsen et à l'Auramine

Principe du ZIEHL

Les bactéries sont colorées fortement par la fuchsine phénolée concentrée à CHAUD (ou de préférence à FROID). Elles sont ensuite décolorées par l'ÉTHANOL puis par un ACIDE fort. Une contrecoloration par le Bleu de méthylène est réalisée pour colorer les autres bactéries.
Dans ces conditions certaines bactéries ne sont pas décolorées : elles apparaissent roses :
elles sont dites AAR (acido-alcoolo-résistantes)

Paroi et Causes de l'AAR

(voir Médecine et maladies infectieuses n°1996-11 et Précis de bactériologie clinique)

La structure de la paroi des Mycobactéries est particulière et peut être représentée ainsi :

Le squelette de la paroi est composé de peptidoglycane relié de façon covalente à un hétéroside, l'arabinogalactane, lui même estérifié par des acides mycoliques, acides gras particuliers à très longue chaîne (76 à 90 atomes de C, a ramifiés, b hydroxylés, avec des cycles propane...). Ils forment alors des CIRES.
La présence de ces cires de mycolates (60 à 90 atomes de C) d'arabino-galactane dans la paroi fixés sur le peptidoglycane est la cause de l'AAR par :
La couche externe, sorte de capsule, est de composition et structure forts complexes. On estime aujourd'hui qu'il y a :
Un autre facteur, le Cord Factor (dimycolinate de tréhalose) semble avoir un rôle dans la formation des amas particuliers de M. Il est situé plutôt vers l'intérieur (en tout cas pas en surface).

Coloration à l'auramine

On peut utiliser aussi l'auramine, molécule fluorescente à 434 (ou 370) nm.
Elle est utilisée à la place de la fuchsine avec un chauffage.
Au microscope à fluorescence on recherchera très facilement les bacilles fluorescents surtout sur les frottis pauvres (paucibacillaires). Il faudra toutefois confirmer par Ziehl en raison de faux positifs.

2. La culture des Mycobactéries

La culture des Mycobactéries est :
Une des causes de la lenteur de la multiplicaiton est le faible nombre de copies des gènes de RNA ribosomiaux.
Les milieux utilisés pour les Mycobactéries de la tuberculose incluent des inhibiteurs de la flore associée qu'un prétraitement limite.
Ce sont :
Les Mycobacterium tuberculosis forment des colonies en chou-fleur dites eugoniques contrairement à celle de M. bovis. (dysgoniques)

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3. La Tuberculose ou Phtisie (pulmonaire)

C'est une maladie extrêmement grave et répandue caractérisée par une grande fatigue, une fièvre au long cours et le plus souvent une toux persistante. C'est le grand fléau infectieux du XIX° dont la régression est d'abord liée à l'amélioration des conditions de vie. La tuberculose est donc la maladie de la misère ou un excellent indicateur de misère ("maladie cliniquement évitable mais socialement entretenue" d'après les Professionnels de Seine-Saint-Denis). Actuellement, la recrudescence mondiale de la tuberculose est directement liée au SIDA.
On considère qu'il y a aujourd'hui, en 2005, 9 millions de nouveaux malades avec 2 millions de morts dans le Monde par an. Parmi les 2 millions de morts, 0,2 million étaient porteurs du HIV. (Le Monde 24 mars 2007)
1,5 à 2,1 milliards de personnes seraient porteuses de la bactérie ou 1/3 de la population mondiale (Prévalence). On considère qu'au cours des cent dernières années, 100 millions de personnes sont mortes de tuberculose.
La prévalence de la tuberculose contagieuse peut être la suivante (données OMS - La Recherche n°363 - aveil 2003) :
En France il y a eu en 1998, 10 253 nouveaux cas et 725 morts officiels. En 2002, 6322 cas. La mortalité a, grâce aux traitements, fortement diminuée.
Autres données : 12,8 à 15,8 cas par an pour 100 000 habitants (soit 9500 cas) atteignant 50 % d'étrangers. (55/100 000 en région parisienne). 6 % des tuberculeux sont séropositifs pour le HIV. En 2003, la répartition des tuberculeux selon le statut, est en incidence pour 100 000 de 5,3 pour les autochtones, 31,1 pour les natifs du Maghreb, 178 pour les natifs d'Afrique subsaharienne. L'évolution de l'incidence en France métropolitaine est une décroissance régulière de 60 pour 100 000 en 1972 à 10 en 2003. Toutefois une stagnation est constatée depuis 1997.
Les formes cliniques sont en 2002 : 72 % de pulmonaires, 27 % extrapulmonaires (1 % non renseignés). 117 méningites tuberculeuses ont été diagnostiquées.
La recrudescence dans les pays issus de l'ex URSS est très préoccupante. On atteint en 1996 des incidence de 75,6 cas pour 100 000 habitants en Russie, de 194,7 en Géorgie, de 105,9 en Roumanie. (voir Le Monde du jeudi 25 mars, données issues de Eurosurveillance vol-3-Nov 1998). S'ajoute le nombre important de multirésistances.
• Quelques hommes ou femmes célèbres ayant eu la tuberculose : Molière, Frédéric Chopin, Sarah Bernhardt, Albert Camus, Franz Kafka, André Gide, Simone Weil...
Pour illustrer le problème de la tuberculose avec des exemples familiaux, mon père a fait une tuberculose vers 1949 au retour de l'occupation en Autriche dans des conditions sanitaires d'après guerre. Il a été soigné par "gavage" dans un sanatorium car les antibiotiques n'étaient pas encore disponibles et que l'on pensait au rôle favorisant de la malnutrition. Un de ses fils, marin sur un bateau militaire, a contracté une tuberculose vers 1965 et a été soigné par perfusion de grandes quantités d'antibiotiques dans un sanatorium de Briançon. Il était vacciné par BCG bien évidemment !

introduction (adapté de Bactériologie médicale Flammarion)

HISTOIRE DE LA MALADIE
CULTURE DE MYCOBACTERIUM TUBERCULOSIS : HISTORIQUE
LA TUBERCULINE : DÉCOUVERTE

3.1. la bactérie ou le complexe tuberculosis

Les bactéries provoquant la tuberculose sont extrèmement proches du point de vue génomique (plus de 99,9 % d'identité !) mais on distingue historiquement trois genres de Mycobactéries tuberculeuses ou bacille de Koch (1882) conservés aujourd'hui :
Le terme de Mycobacterium tuberculosis est souvent utilisé comme synonyme des trois précédents. Cette confusion taxonomique est regrettable mais difficile à éviter dans la mesure où l'on ne veut pas introduire de trouble dans l'esprit des médecins concernées au premier chef par un changement de terminologie pouvant entraîner une confusion. On pourrait parler de Mycobacterium tuberculosis pathovar bovis, Mycobacterium tuberculosis pathovar hominis, Mycobacterium tuberculosis pathovar africanum.
On peut ajouter au complexe des Mycobactéries tuberculeuses M. canetti et surtout M. microti, responsable de la tuberculose de certains rongeurs mais généralement non pathogènes chez l'homme et même utilisé come vaccin.
Ces bactéries sont des bacilles de 2-5 µm sur 0,3 µm, non capsulé(?), non sporulé.
Elles sont aérobies strictes, parfois microaérophiles à l'isolement.
Elles sont très résistantes à l'état desséché, quelques années !
Le génome a été enitèrement séquencé : M. tuberculosis a un "chromosome" circulaire de 4 411 529 paires de bases (GC% = 65,6), 3924 gènes.
Un gène particulier semble essentiel au pouvoir pathogène chez l'homme, gène absent chez le BCG et M. microti. Il s'agit d'un gène codant pour une protéine ESAT-6, sécrétée par la bactérie et déclenchant une forte production d'INF-Gamma (une autre source dirait l'inverse… car INF Gamma active les macrophages).

3.2. la maladie

3.3. le mode de contamination

La contamination est essentiellement due à la libération des bacilles à partir des cavernes : ils sont alors éliminés par les "postillons" et les crachats.

(image captée sur un site internet (New York City ?))

Le lait peut aussi transmettre la tuberculose mais en France on peut considérer ce mode comme disparu. Il y a en 1999 (Le Monde 15 juillet 99) environ 400 bovins atteints sur un cheptel de 21 000 000 de bêtes. Une polémique importante est toutefois en cours sur la commercialisation de viande de bovins tuberculeux anglais sans qu'il soit possible de préciser s'il s'agit de simples soupçons de tuberculose bovine ou de cas prouvés. La contamination des bovins peut être liée à un réservoir animal : le blaireau. Il contamine aussi le renne et le bison.
Le faible nombre de cas de tuberculose à M. bovis tend à montrer que cette voie de contamination est très certainement pratiquement nulle, et ce d'autant que les malades sont souvent des personnes âgées chez lesquelles on peut imaginer une reviviscence d'une contamination très ancienne.

3.4. le diagnostic

Le diagnostic se fera par :
La détection de l'allergie tuberculinique peut être faite à l'occasion de contrôles systématiques alors que les deux autres techniques seront orientées par le diagnostic clinique : toux persistante, asthénie, fièvre... ou encore par la découverte de cas dans l'entourage. La radiographie systématique autrefois la règle est aujourd'hui beaucoup moins pratiquée car le bénéfice par rapport au risque de tumeurs induites est réduit.

culture

Les produits (crachats par ex.) seront homogénéisés et décontaminés (grâce à l'hydroxyde de sodium et L-cystéine ou hydroxyde de sodium et le lauryl sulfate) afin de libérer les mycobactéries des particules purulentes et d'éliminer un maximum de bactéries. La centrifugation permet une concentration des bactéries. Le laurylsulfate ne permet pas la réalisation d'amplifications géniques.
Cette culture est très lente (jusqu'à un mois), se fait en aérobiose sur les différents milieux évoqués. Les milieux liquides sont plus sensibles avec une détection par émission de 14CO2, de fluorescence ou de modification de couleur d'un colorant.

tests

Un certain nombre de tests sont réalisables :

amplification génique et mise en évidence

Il est possible de réaliser une recherche spécifique de DNA de BK par amplification génique mais le seuil de détection est proche de celui de la coloration :

Complément sur l'amplification génique :

1. méthode Biomérieux

La technique permet l'amplification du RNA 16S et sa mise en évidence par chimioluminescence par hybridation avec une sonde DNA. La spécifité est apportée par l'amorce d'amplification et la spécificité de la détection.

2. méthode GenoType®Mycobacterium

La procédure complète comporte trois phases :

antibiogramme

L'antibiogramme pose de délicats problèmes en raison de la durée de la culture. On réalise l'ensemencement de milieux de LJ contenant l'antibiotique à la concentration idoine et une culture témoin. Il est aussi possible de rechercher les gènes connus de résistance par des méthodes génétiques (sondes).

Un organigramme d'identification :

Au point de départ, des BAAR en cordes sont observés, d'allure tuberculeuse…

3.5. traitement

3.6. prophylaxie

Le travail sur les mycobactéries de la tuberculose est TRÈS DANGEREUX (classe 3) si certaines précautions majeures ne sont pas prises, en plus des précautions habituelles du travail en microbiologie.

D'autres Mycobactéries sont pathogènes. Mais elles sont essentiellement opportunistes et deviennent très fréquentes chez les Sidéens en raison du déficit de l'immunité cellulaire qu'ils présentent. Des Mycobactéries sont aussi retrouvées comme saprophytes dans les eaux, le sol ... C'est en particulier le cas de Mycobacterium avium.
On les classe en :
Divers tests biochimiques permettent l'identification.
Les maladies sont très proches de la tuberculose mais ne s'installent que chez les immunodéprimés.
Un cas particulier : Mycobacterium xenopi.
Une épidémie de mycobacteriose à Mycobacterium xenopi s'est déroulée à la clinique du sport à Paris sur des patients opérés au niveau articulaire. Il semble que la contamination soit de type nosocomiale : l'eau utilisée pour laver les instruments était contaminée par la bactérie, saprophyte semble-t-il de l'eau. Le mode de contamination habituel semble ressembler fort à celui observé avec Legionella (aérosols d'eau chaude par ex.) et déclenche une maladie très proche de la tuberculose pulmonaire tandis que la contamination articulaire provoque une sorte de tuberculose osseuse.
La bactérie est de culture difficile et lente et résiste aux antituberculeux classiques. Le traitement utilise un tétrathérapie antibiotique et la chirugie pour les lésions osseuses. Son efficacité est difficile à mesurer.
Il faut noter que les infections à Mycobacterium xenopi sont rares et ne touchent, sauf en cas d'infection nosocomiale, que des immunodéprimés (sidéens par ex.). [voir Le Monde du 5 février 2000]

 

Schéma d'identification d'une mycobactérie atypique(La Pitié Salpétrière)

Ensemencer : (avec 1 anse d'une suspension de colonie de BAAR à 1 mg/ml en eau distillée stérile)

à 30°C 1 gélose ordinaire

1 tube de Lowenstein-Jensen

à 37°C 1 gélose ordinaire

1 tube de Lowenstein-Jensen

1 tube de Lowenstein-Jensen à l'obscurité

1 tube de Lowenstein-Jensen avec thiosemicarbazone

20 mg.dm-3 (Tb1) .

1 tube de Lowenstein-Jensen avec thiosemicarbazone

500 mg.dm-3 (Tb1)

puis SI colonies non pigmentées :

à 37°C 1 tube de Lowenstein-Jensen avec PAS 5 mg.dm-3 (Tb1)

1 tube de Lowenstein-Jensen avec Éthambutol

20 mg.dm-3 (Tb1)

à 42°C 1 tube de Lowenstein-Jensen

Tests possibles :

Catalase à 22°C

Catalase à 68°C

Uréase (Urée Tryptophane)

ONPG

hydrolyse du Tween 80

b-glucuronidase

CFA (test de brunissement des colonies en présence de citrate de fer III ammoniacal en 21 j.)

 

Résultats : (voir tableaux plus complets dans Le Minor- Véron par exemple ...)

pigmentation à l'isolement

vitesse de croissance

type action de la lumière

Nitrates

croissance à 30°C

M. aurum

pigmentée

3-4 jours

M. phlei

pigmentée

3-4 jours

ONPG +

M. marinum

pigmentée

3-4 jours

photochromogène

non réduits

croissance 30°C

M. flavescens

pigmentée

7 jours

scotochromogène

réduits

Tb1 R, Uréase +

M. kansasii

pigmentée ou non pigmentée

14 jours

photochromogène

réduits

Tb1 S

M. gordonae

pigmentée

14 jours

scotochromogène

non réduits

Tb1 R

M. scrofulaceum

pigmentée

21 jours

scotochromogène

non réduits

M. xenopi

pigmentée

plus de 28 j.

scotochromogène

non réduits

très disgonique, Éthamb R

M. fortuitum

non pigmentée

56 jours

réduits

CFA +

M. chelonei

non pigmentée

63 jours

non réduits

CFA -

M. radish

non pigmentée

7 (à 14) j.

non réduits

Éthamb S

M. avium, intracellulare

non pigmentée

14 jours

non réduits

Éthamb R

M. ulcerans

non pigmentée

plus de 28 j.

non réduits

croissance 30°C, Éthamb R

Organigramme des principales Mycobactéries atypiques :


5. la Lèpre

5.1. Bactérie

C'est le bacille de Hansen (1873) ou Mycobacterium leprae.
Il n'est obtenu en culture qu'in vivo :
Il mesure de 1-8 µm sur 0,25-0,30 µm. Il est AAR et capsulé. Son génome est de 3 268 203 paires de bases, 1605 gènes. Il apparait comme très défectif par rapport à M. tuberculosis. De plus, de nombreux gènes sont inactifs.

5.2. maladie

La maladie a frappé le Monde entier et elle est aujourd'hui surtout confinée dans les zones tropicales où elle atteint environ 1 million de personnes grâce à l'action des traitements (5,3 millions en 1985). En 2001, l'OMS estime que ses efforts ont provoqué un net recul (90 %) depuis 1981. Six pays ont une situation non complètement maîtrisée : Brésil, Inde, Madagascar, Mozambique, Birmanie et Népal.
La durée d'incubation est de quelques mois à 10 ans.
Le bacille se multiplie très lentement (G= 10 à 20 jours dans les coussinets plantaires de la souris).
Il est intracellulaire strict (macrophages, celluels de Schawn autour des neurones…) et il ne cultive pas dans les tissus profonds.(seulement sur la peau glabre et au niveau des nerfs périphériques)
Deux formes principales entre lesquelles on peut en distinguer d'autres :
- la lèpre tuberculoïde : Incubation de 3 à 5 ans. On observe des lésions cutanées (grandes taches hypochromiques sur peau foncée ou chamois sur peau claire, à bords nets, insensibles et sans sudation), des lésions nerveuses des nerfs périphériques entraînant des atrophies musculaires et des troubles sensitifs et conduisant à des lésions mutilantes.
La quantité de bacilles dans les lésions est faible à nulle.
Ces lésions sont essentiellement dues à une forte réaction immunitaire de type hypersensibilité retardée (type IV) contre les Ag bacillaires, au niveau de la peau et à l'atteinte par les bacilles souvent présents dans la gaine de Schawnn des axones et donc des nerfs où les réactions immunitaires n'ont pas lieu (ATTENTION : ces données mériteraient une confirmation ou une contestation).
L'immunité est donc relativement bonne et apparait comme une forme de résistance à la lèpre d'individus infectés et sensibles.
- la lèpre lépromateuse : Incubation de 7 à 10 ans. On observe le même type d'atteintes cutanées mais très mutilantes avec formations de nodules (granulomes) cutanés donnant un faciès léonin associées à une rhinite fortement bacillaire. La mort survient en 5-6 ans.
Dans ce cas les bactéries sont nombreuses dans les macrophages : l'immunité est mauvaise, sous forme d'une sorte de tolérance immunitaire au bacille non comprise aujourd'hui. Il semble qu'il y ait une surexpression de gènes impliqués dans la réponse immunitaire (ceux de la famille des LIR ou Leukocytes Immunoglobulins like receptor) (option bio 319-nov 2003)
Quant à la cause des lésions ! Mystère et boule de gomme ! On peut imaginer une hypersensibilité.
Des formes intermédiaires existent et des passages d'une forme à l'autre sont aussi possibles.
Les Ac antibacilles existent dans le sang mais ne sont pas protecteurs. Ils peuvent être à l'origine d'HS de type III (phénomène d'Arthus) = HS à complexes immuns.

5.3. mode de contamination

La contamination interhumaine est aérienne à partir des lésions de rhinite. En milieu lépreux, tous les individus sont probablement contaminés. Seuls certains font la maladie. Le passage de la bactérie est soit pulmonaire soit cutané : on ne le sait pas aujourd'hui.
Il existe un trouble de l'immunité cellulaire : tolérance immunitaire vis à vis de la bactérie.

5.4. diagnostic

5.5. traitement

L'antibiogramme est évidemment impossible.
Les antibiotiques utilisés sont les sulfones (dapsone), et surtout la rifamycine (1981 OMS : association
rifamycine-dapsone-clofazimine tout particulièrement dans les formes multibacillaires)
On a pratiqué l'isolement des malades.

5.6. prophylaxie

Pas de vaccin (même si le BCG peut procurer un certain degré de protection en association avec une suspension de M. leprae tués en cours de test)
Le dépistage et traitement systématique peuvent faire reculer la maladie.

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5.7. compléments à intégrer

entrée du parasite (users.wfu.edu/goodka3/cell/index.html.)
M. leprae est une bactérie parasite intracellulaire. Ses mécanismes de transport de surface miment ceux des cellules normales qui sont phagocytées par les monocytes par complémentarité de récepteurs. Ceux qui sont concernés par M. leprae sont le CR1, CR3, CR4 et les récpeteurs au mannose, tout particulièrement dans les cellules de Schwann.
M. leprae is an intracellular bacterial parasite. Its outer surface binding mechanisms mimic those of normal cells which are taken into mononuclear phagocytes via thier complementary receptors. Specifically the CR1, CR3, CR4, and mannose receptors are the ones that accept M. leprae, especially on Schwann Cells.
Une fois entrée par complémentarité des récepteurs, M. leprae sécrète des antigènes pour contourner la cellule soit par la voie de la classe 1 soit par celle de la classe 2, parfois les deux.
Once M. leprae has entered the endosome after binding of complementary receptors, it secretes antigens to overtake the cell by either the Class I pathway or the Class II pathway (or sometimes both).
There are studies on dendritic cells that suggest that the M. leprae within these cells will excrete antigens within the cell by both pathways (Schlesinger et al, 2005).
Des études sur les cellules dendritiques suggèrent que M. leprae, près de ces cellules, excrète des antigènes près de la cellule par les deux voies.
In the Class I pathway M. leprae binds to a cytotoxic T cell and viral protein is made within the ribosomes of the invaded cell.
Dans la voie 1, M. leprae donne à un lymphocute T cytotoxique et une protéine viral est fabriquée par les ribosomes de la cellule envahie. Cette protéine est dégradée en peptides par le protéasome, transportée dans le RE et éventuellement l'appareil de Golgi, où ils sont emballés et excrétés pour envahir d'autres cellules.
Then the protein is degraded to peptides by a proteasome and moved into the ER and eventually to the Golgi Apparatus where it is given new packaging and sent out of the cell to invade other cells. The Class II pathway works by endocytosis of M leprae. A schematic of the Class II pathway is shown below:
.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin (avec les contributions de Dominique Étienne, Isabelle Karzinsky et de Claudine Schuster) qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci. Mar, 17 avr 2007


compléments


L'HISTOIRE DE LA TUBERCULOSE

2400 avant JC

Première reconnaissance "officielle" de l'existence de la tuberculose : des signes pathologiques révélateurs d'une dégénérescence tuberculeuse ont été trouvés dans la colonne vertébrale de momies égyptiennes de cette période.

460 avant JC

Hippocrate identifie la phtisie (mot grec signifiant "consomption") comme étant la maladie la plus répandue à cette époque et remarque qu'elle est presque toujours mortelle. En effet, une personne atteinte de tuberculose est littéralement consumée par la maladie, et pour cette raison on parlait autrefois de "consomption".

1650 après JC

Sylvius, dans son ouvrage Opera Medica, identifie les tubercules comme étant une caractéristique constante dans les poumons ou dans d'autres organes de patients "consumés" par la maladie.

1670

Willis décrit la tuberculose miliaire et la fibrose chronique (non cavitaire) d'après des observations post mortem.

1720

Marten, dans "Une nouvelle Théorie de la Consomption", affirme que la tuberculose peut être causée par "d'étonnantes créatures vivantes minuscules" qui sont "capables de survivre dans nos sucs et nos vaisseaux". Marten prévient que la consomption peut être contractée par une "personne saine" à cause de l'air rejeté par des poumons malades, et probablement pas au cours d'une courte conversation mais plutôt en dormant habituellement dans le même lit qu'un patient atteint de consomption, en mangeant et buvant constamment avec lui.

1854

Brehmer construit le premier sanatorium à Gorbersdorf. Les sanatoriums, qui se répandront par la suite partout en Europe et aux Etats-Unis, auront deux principales fonctions : ils isoleront les malades du reste de la population et aideront le processus de guérison grâce à un repos forcé, une alimentation appropriée et une vie hospitalière bien réglée.

1865

Villemain démontre une transmission interespèces (de l'homme au bétail, et du bétail au lapin) et pose le principe que cette maladie est causée par un microorganisme spécifique.

1882

Koch identifie le bacille tuberculeux et le reconnaît comme étant la cause de la consumption en tenant ses postulats pour preuve d'une relation de cause à effet entre le germe et la maladie.

1895

Découverte de la radiographie par Roentgen. On peut désormais suivre et examiner l'évolution de la maladie et sa gravité d'une manière scientifique

1900 ???

Calmette et Guérin découvrent le vaccin (BCG), obtenu par atténuation d'une souche de Mycobacterium tuberculosis bovis.

1921

Première utilisation du BCG à Paris.

1943

Découverte de la streptomycine

1944

La streptomycine est utilisée pour la première fois sur un patient et le résultat est impressionnant : la progression de la maladie est visiblement arrêtée, la bactérie disparaît des crachats et le patient guérit rapidement.

A partir de 1944

Début des thérapies médicamenteuses. A la suite de la streptomycine, l'acide para-aminosalicylique (1949), l'isoniazide (1952), la pyrazinamide (1954), la cyclosérine (1955), l'éthambutol (1962) et la rifampicine (1963) sont introduits comme agents anti-tuberculeux

1950-1980

Déclin progressif de l'incidence de la tuberculose dans les pays industrialisés.

1980 et 1990

L'épidémie de sida a de sérieuses répercussions sur l'épidémiologie de la tuberculose, augmentant considérablement l'incidence de la tuberculose dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement. La résistance multiple à certains médicaments a des conséquences inquiètantes en termes d'efficacité de la thérapie utilisée.

1993

L'Organisation mondiale de la Santé déclare la tuberculose comme étant une urgence mondiale.

1995

L'Organisation mondiale de la Santé lance la stratégie du DOTS (traitement de brève durée sous surveillance directe).