Pseudomonas et apparentés ou
bactéries gram négatif aérobies strictes

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lundi 6 janvier 2003

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1. morphologie classification

Les bactéries gram - aérobies strictes de culture "facile" forment un groupe de bactéries très souvent oxydase +. Ils sont à l'heure actuelle mieux classés grâce à de nombreuses études génétiques DNA-DNA ou rRNA-DNA ce qui a conduit à l'invention de nouveaux genres et de nouvelles familles. Il est toutefois bien délicat de définir une famille des Pseudomonadaceae : la situation reste fort confuse vu la grande diversité du groupe et des études ultérieures permettront très certainement de différencier plusieurs familles. C'est pourquoi nous avons gardé ici la terminologie Pseudomonas et apparentés sans différencier sur la morphologie. On pourrait aussi parler de Non Entérobactéries (NE) mais les aéroanaérobies seraient alors inclus. Le terme NE aérobies strictes serait aussi possible..


1.1. Approche par les genres

On peut distinguer un certain nombre de genres :

Les principaux genres de culture facile sont : D'autres genres de culture plus délicate ou très délicate :
Acetobacter
Achromobacter ;proche d'Alcaligenes
Acinetobacter
Agrobacterium
Alcaligenes oxydase + et ciliature dégénérée
Brevundimonas (ex Pseudomonas diminuta et vesicularis)
Burkholderia (mallei et pseudomallei)
Chryseomonas
Comamonas
Flavimonas
Flavobacterium souvent pigmentées en jaune / jaune-orange
Frateuria
Gluconobacter
Methylobacterium
Ralstonia
Pseudomonas
Rhizobium (bactérie du sol)
Shewanella putrefaciens (ex Alteromonas et Pseudomonas)
Stenotrophomonas (ex Xanthomonas maltophilia)
Sphingobacterium ;proche de Flavobacterium
Weeksella
Xanthomonas
Arcobacter
Bordetella
Brucella coccobacilles
Campylobacter de forme spiralée
Francisella
Helicobacter
Kingella
Legionella
Moraxella (y compris Branhamella) coques ou coccobacilles
Neisseria coques
Oligella


1.2. Approche par les familles de Bergeys

Une autre approche en fonction de la famille selon le Bergeys manual. Attention, dans ce tableau figurent des familles ou des genres de bactéries aéroanaérobies… (en rouge)

Class I :
Alpha-
proteobacteria

Ordre II : Rickettsiales

Ordre IV : Sphingomonas

famille des Sphingomonadaceae (genre Sphingomonas)…

Ordre V : Caulobacteriales

(famille des Caulobaceraceae (genre Brevundimonas…)

Ordre VI : Rhizobiales

famille des Brucellaceae (genre Brucella…)
famille des Rhizobiaceae (genre Rhizobium…

Class II :
Béta-
proteobacteria

Ordre I : Burkholderiales

famille des Burkholderiaceae
famille des Alcaligenaceae (genres Alcaligenes, Achromobacter, Bordetella...)
famille des Comamonadaceae

Ordre IV : Neisseriales

Class III :
Gamma-proteobacteria

Ordre III : Xanthomonadales

famille des Xanthomonadaceae (avec les genres Stenotrophomonas, Xanthomonas...)

Ordre V : Thiotrichales

famille III : Francisellaceae

Ordre VI : Legionellales

familles Legionellaceae,
famille Coxiella etc.

Ordre IX : Pseudomonadales

famille des Pseudomonadaceae (avec les genres Pseudomonas, Morococcus...)

famille des Moraxellaceae (avec les genres Moraxella, Acinetobacter...)

Ordre X : Alteromonadales

famille des Alteromonadaceae (avec les genres Alteromonas, Shewanella...)

Ordre XI : Vibrionales

famille des Vibrionacae (avec les genres Vibrio, Listonella, Photobacterium...)

Ordre XII : Aeromonadales

famille des Aeromonadaceae (avec les genres Aeromonas,...)

Ordre XIII : Enterobacteriales

famille des Enterobacteriaceae (avec les genres classiques mais aussi Plesiomonas...)

Ordre XIII : Pasteurellales

famille des Pasteurellaceae (avec les genres Pasteurella, Haemophilus, Actinobacillus...)

Class V :
Epsilon-
proteobacteria

Ordre I : Campylobacterales


1.3. Limites du chapitre

Tous les genres de culture difficile et Acinetobacter font l'objet d'un chapitre particulier.

On s'intéressera ici dans un premier temps aux Pseudomonas et bactéries proches, souvent impliquées en pathologie. Les bactéries de culture difficile seront évoquées dans des chapitres particuliers accessibles directement via les liens.

Les Pseudomonas et bactéries proches sont des bacilles Gram - très généralement mobiles et par ciliature polaire, possédant souvent des inclusions de polyhydroxybutyrate pouvant donner une coloration tigrée au Gram.

Certaines espèces produisent une substance extracellulaire muqueuse de nature peu claire (polyosidique) : le slime. Quelques unes produisent des pigments fluorescents (pyocyanine, pyoverdine).
Les antigènes O permettent de différencier un certain nombre de sérovars de Pseudomonas aeruginosa.

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2. habitat

Ces bactéries sont ubiquitaires et colonisent parfois des habitats surprenants comme les réservoirs de kérozène !

Ce sont des bactéries des eaux et des plantes coupées comme des plantes en pot et ces souches colonisent éventuellement l'homme (ce sont les mêmes). On trouve régulièrement Pseudomonas aeruginosa dans les selles malgré l'anaérobiose. Leur métabolisme respiratoire est très actif : on retrouve de nombreux Pseudomonas dans les stations d'épuration où ils biodégradent nos déchets. C'est la minéralisation en particulier des résidus de lessives.

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3. pouvoir pathogène

En pathologie, les Pseudomonas interviennent essentiellement comme des pathogènes opportunistes. Toutefois, P. aeruginosa, bactérie très résistante aux agents de désinfection et au métabolisme particulièrement actif, domine aux côtés de pathogènes stricts Burkholderia mallei et pseudomallei.. Se signale aussi dans les infections nosocomiales, Stenotrophomonas maltophilia (ex Pseudomonas et ex Xanthomonas) et comme opportuniste, B. cepacia.

Il existe des espèces phytopathogènes comme les Xanthomonas.

Pseudomonas aeruginosa ou bacille pyocyanique

Son nom signifie "pus bleu" en raison de la production de pyocyanine. Toutefois des pus bleus sont aussi produits par Staphylococcus aureus pour des raisons mystérieuses.

C'est le type même de la bactérie opportuniste pathogène chez l'immunodéprimé ou après un traumatisme grave y compris les brûlures.

Les souches plus particulièrement pathogènes sont productrices de :

Les infections obtenues sont très polymorphes : tous les organes peuvent être atteints. Chez les sujets sains, des infections cutanées sont possibles. Le rôle des bains agités peut être remarqué.

Elles sont très souvent nosocomiales : (0,5 % des patients hospitalisés font une infection à pyocyanique les sérotypes les plus fréquents sont O:6 et O:11 (celui-ci étant responsable de 60 % de épidémies). Les malades de mucoviscidose sont très souvent atteints par des souches de P. aeruginosa souvent non groupables.

Ces infections sont redoutables d'autant que le terrain est débilité et le traitement difficile.

Burkholderia mallei

Burkholderia mallei est un parasite obligatoire et pathogène strict immobile des solipèdes (cheval, âne, mulet). (Loeffler 1882)

Cette bactérie peut être considérée comme un mutant défectif de Burkholderia pseudomallei.

La maladie est la morve du cheval qui se manifeste par des lésions cutanées ou des muqueuses pouvant évoluer très rapidement vers la mort ou devenir chroniques. Le bacille immobile a été découvert par Loeffler en 1882. C'est un parasite strict. La maladie est très rare (dernier cas connu en 1964 en France).

Un extrait aqueux de la souche chauffé, baptisé malléine, permet de pratiquer une réaction d'hypersensibilité retardée (HSR) qui sert au dépistage et a permis l'éradication.

Au niveau scolaire la manipulation est interdite. Niveau de sécurité 3.

Burkholderia pseudomallei

(bacille de Whitmore 1912)

Pathogène strict mobile.

La maladie est la mélioïdose. Elle se manifeste par :

Au niveau scolaire la manipulation est interdite. Niveau de sécurité 3.

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4. isolement

Il peut être obtenu sur tous les milieux d'isolement des Gram - (bactéries H2S -) comme SS, Hektoen, Drigalski, Mac Conkey, etc.

Mais il existe un milieu sélectif important la gélose au cétrimide et à l'acide nalidixique (base King A). Des Klebsiella, Serratia et Acinetobacter peuvent y cultiver.

Une incubation à 41°C peut améliorer l'isolement sélectif de P. aeruginosa..

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5. identification

Elle met en jeu :

On remarquera l'odeur aromatique, permettant une orientation de l'identification pour les souches des infections du tractus urinaire, souvent très muqueuses et pour lesquelles l'oxydase est parfois faussement négative en raison de la difficulté de prélèvement des colonies.

La galerie à utiliser comprendra donc :

Remarque : certaines souches sont auxotrophes comme Stenotrophomonas maltophilia qui a besoin de méthionine. Le milieu pour auxanogramme doit donc contenir cet acide aminé.

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6. traitement et antibiogramme

Les Pseudomonas sont des bactéries extrèmement résistantes aux antibiotiques donc fortement sélectionnées par les différentes antibiothérapies réalisées à l'hôpital.

P. aeruginosa résiste à

Il peut être sensible à

L'antibiogramme doit absolument tester ces cinq antibiotiques.

De nombreux antibiotiques ont été depuis découverts :

On préfère le plus souvent, en raison de nombreuses résistances, utiliser des associations d'Ab, aminoside et béta-lactamines actives.

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7. prophylaxie

Au niveau hospitalier elle met en jeu les règles simples d'hygiène en utilisant des antiseptiques puissants comme l'eau de Javel puisque les Pseudomonas résistent à presque tous les ammoniums quaternaires. On peut en particulier éviter les fleurs coupées.

L'hygiène des mains, les précautions dans la désinfection des flacons de perfusion (Pseudomonas se développe parfois entre capsule et bouchon de caoutchouc), en évitant les contaminations, limitent la transmission.

La contamination par les eaux nécessite une bonne désinfection des eaux, et en particulier des piscines et des bains à remous.

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Texte écrit par Jean Noël Joffin (et corrigé par Claudine Schuster) qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. 6.1.2003

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