Haemophilus

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vendredi 27 janvier 2006


1. morphologie classification et habitat

C'est Haemophilus influenzae qui a été la première bactérie de ce genre à être décrite : elle fut isolée du tractus respiratoire et l'on cru qu'elle était responsable de la grippe d'où le mot influenzae.

Haemophilus dans un LCR (méningite)

La culture de ces bactéries nécessite du sang : Haemophilus = qui aime le sang. Elle est toutefois faible sur gélose au sang frais.

Les Haemophilus sont des symbiotes (parasites) obligatoires des muqueuses (tractus respiratoire, bouche, vagin, intestin) possédant une grande spécificité d'hôte. H. influenzae est surtout rencontré au niveau respiratoire. Il peut tout de même être trouvé dans les selles et au niveau vaginal ce qu'il n'est pas facile de démontrer techniquement vu l'importance des flores associées.

La spécificité d'habitat est d'ailleurs parfois liée aux biotypes.

oropharynx
appareil génito-urinaire
rectum
Haemophilus influenzae biotype I
rare
rare
rare
Haemophilus influenzae biotype II
nombreux
sexuel
présent
Haemophilus influenzae biotype III
nombreux
sexuel
présent
Haemophilus influenzae biotype IV
sexuel
présent
rare
Haemophilus influenzae biotype V
rare
rare
rare
Haemophilus influenzae biotype VI
rare
rare
nombreux
Haemophilus parainfluenzae biotype I
nombreux
présent
nombreux
Haemophilus parainfluenzae biotype II
nombreux
nombreux
nombreux
Haemophilus parainfluenzae biotype III
nombreux
présent
présent

La grande caractéristique des Haemophilus est leur exigence en un ou deux facteurs de croissance généralement absent des milieux usuels (même riches) :

Les Haemophilus importants sont en pathologie médicale :

Plus globalement, on rassemble Haemophilus, Pasteurella et Actinobacillus dans la famille des Pasteurellaceae sur la base d'hybridations DNA-DNA. Il est probable que de profonds remaniements surviendront, l'exigence en facteurs de croissance ne pouvant être une méthode taxonomique fiable. Des bactéries actuellement classées dans d'autres genres se verront incluses dans les Haemophilus sans pour autant avoir des besoins en NAD et hémine et inversement... Il existe d'ailleurs déjà des Haemophilus non exigeants en NAD et/ou hémine.

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2. pouvoir pathogène

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3. isolement

L'isolement d'Haemophilus a nécessité la fabrication de nouveaux milieux. Il cultive en effet très mal sur gélose au sang frais. On lui préfèrera la gélose au sang cuit ou la gélose chocolat supplémentée (ou enrichie) : les colonies minuscules sur GS deviennent souvent luxuriantes sur gélose Chocolat enichie.

La gélose au sang cuit est une gélose de base riche (Columbia), additionnée de 5 % de sang et chauffée 10 minutes à 75°C. La cuisson élimine certains inhibiteurs, en particulier la NAD hydrolase du plasma et libère le NAD, le fer et l'hémine de l'hématie.

On préfère la gélose Chocolat enrichie qui a une composition plus régulière. C'est une base type Columbia ou Mueller Hinton additionnée d'hémoglobine, base autoclavée. Elle est éventuellement supplémentée d'un mélange glucosé, ionisé et polyfacteurs de croissance lyophilisé et stérile, lorsqu'elle est en surfusion.

Ce mélange commercialisé (Polyvitex Mérieux par ex.), souvent appelé mélange vitaminique alors qu'il contient du glucose et des ions minéraux, contient :

Une incubation sous dioxyde de carbone est parfois préférable.

Il peut être rendu sélectif par bacitracine (300 mg/L) ou vancomycine, bacitracine et clindamycine.

Il ne peut être observé d'hémolyse en gélose Chocolat supplémentée puisqu'il n'y a pas d'hématies. Un éclaircissement apparait souvent avec les Streptococcus sous l'action possible de peroxydases ?

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4. identification

Elle repose sur la mise en évidence des besoins en facteurs NAD et hémine.

Deux grandes techniques permettent la mise en évidence :

à gauche : besoin en X+V (Hémine + NAD)
H. influenzae
à droite : besoin en NAD (V)
H. parainfluenzae
(extrait du Dictionnaire des techniques du CRDP de Bordeaux)

    Cette dernière technique peut être réalisée sur la Gélose Chocolat (SANS polyvitex) : Haemophilus influenzae va alors cultiver autour de la strie et Haemophilus parainfluenzae de même.
    La photographie ci-dessous le montre : remarquer le dégradé de culture au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la strie de Staphylococcus, donc la concentration en NAD.

L'identification précise utilise :

Notes sur la galerie API20NH :

Elle est prévue pour être lue en DEUX heures. Elle inclue :

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5. traitement et antibiogramme

L'antibiogramme pose problème particulier au vu des exigences de culture. On doit utiliser une gélose supplémentée : Chocolat supplémentée ou MH additionné d'extrait globulaire ou des mélanges de facteurs de croissance (milieu HTM pour Haemophilus Test Medium, Mueller Hinton additionné de NAD, hémine et extrait de levure).

Les Haemophilus sont résistants aux lincosamines et peu sensibles aux macrolides.

Il existe des résistances et des multirésistances chez certaines souches (10 à 15 % des souches en France).

La béta-lactamase doit être recherchée et dès l'isolement car elle est constitutive (par exemple test Cefinase®).

Antibiogramme d'Haemophilus influenzae sur gélose Chocolat supplémentée
Test Cefinase positif

Les antibiotiques utilisés sont normalement l'ampicilline et le chloramphénicol, mais la grande fréquence des résistances (40%) conduit à conseiller une céphalosporine de 3ème génération (céfotaxime) dans le cas des méningites et de l'association de type Amoxicilline + Acide clavulanique pour les infections respiratoires.

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6. prophylaxie

Elle repose esentiellement sur un vaccin contre Haemophilus influenzae b, constitué du polyoside capsulaire lié à une protéine, généralement une anatoxine diphtérique ou tétanique.

L'introduction de ce vaccin (France 1992) a provoqué une chute des méningites à Haemophilus influenzae que l'on peut mesurer par l'incidence chez les enfants de 0 à 1 an en France :

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin, corrigé par Dominique Étienne, qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci.Ven 27 jan 2006

compléments


un cas surprenant :

Bactériémie à Haemophilus influenzae non sérotypable à point de départ génital chez une femme enceinte

Les bactériémies à Haemophilus influenzae sont rares, représentant 0,1 à 1% des bactériémies de 1'adulte [1]. Le point de départ en est le plus souvent pulmonaire ou ORL, en relation avec des souches encapsulées biotype I sérotype b. Dans 5 à 10 % des cas, elles sont d'origine gynéco-obstétricale en rapport avec des formes non capsulées pourtant réputées peu invasives. Nous en rapportons un nouveau cas chez une femme enceinte immunocompétente.

CAS CLINIQUE

COMMENTAIRES

CONCLUSION

RÉFÉRENCES