Bordetella

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 Mercredi, 25 janvier 2006

Une Bordetella, pertussis, est l'agent de la coqueluche, découvert par Bordet et Gengou en 1906. Il existe d'autres espèces dans le genre, toujours parasites des muqueuses.
La coqueluche est une des dix maladies infectieuses les plus mortelles sur la Terre avec 300 à 600 000 morts par an.


1. morphologie classification

Ce sont des coccobacilles très petits (0,25 x 0,5-0,8 µm), mobiles (péritriches) ou immobiles, capsulés, aérobies stricts, glucose - (glucides -), de culture lente, oxydase +, NR +. Leur GC est élevé (68%).

Classés dans les bétaprotéobactéries, très proche des Alcaligenes et proche des Neisseria.
Ils ont besoin de facteurs de croissance comme la nicotinamide mais non le NAD.
La culture sur "milieux ordinaires" est possible pour certaines espèces.

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2. habitat et pouvoir pathogène

Les Bordetella sont des parasites obligatoires du tractus respiratoire des mammifères, avec, comme pour les Brucella, des spécificités plus ou moins étroites d'espèces hôtes. B. pertussis est par exemple spécifiquement humaine.

2.1. la maladie

Bordetella pertussis (Pertussis = toux sévère) ( et parfois parapertussis), est responsable de la coqueluche, rhinopharyngite grave caractérisée par des quintes de toux très fortes chez les enfants jeunes accompagnées du chant du coq (inspiration sifflante). La bactérie semble issue des souches de B. bronchispetica ou de B. parapertussis.

La maladie se divise en :

2.2. Facteurs de pathogénicité

Le pouvoir pathogène de la bactérie est lié à des produits de sécrétion et à des adhésines :

Ces produits bloquent les cils vibratiles de l'épithélium bronchique et provoquent des lyses cellulaires.

La bactérie disparait très rapidement lors de l'apparition des quintes. Il est probable qu'elle persiste chez des porteurs symptomatiques ou asymptomatiques.

On estime le nombre de cas mondiaux à 60 000 000 avec 600 000 décès par an (taux de mortalité de 1 à 3 % dans le Monde et 0,01 à 0,4 % dans les pays riches). En France il y a entre 0 et 8 morts par an.

La contamination se fait PAR VOIE AÉRIENNE par les parents (34% des cas) ou la fratie (46% des cas) montrant l'importance du portage asymptomatique aujourd'hui discuté car 20 % des adultes présentant une toux trainante sont en fait infectés (coqueluche de l'adulte). Cette prise de conscience de la maladie chez l'adulte devient en 2006 importante : des collègues ont présenté la maladie !

Remarque :
Bordetella parapertussis et bronchiseptica
donnent des rhinopharyngites assez semblables.

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3. isolement

On isole la bactérie précocement par écouvillonnage nasal à l'aide d'un écouvillon alginate sur le milieu inventé par Bordet et Gengou :

agar, infusion de pomme de terre, glycérol 10 %, NaCl + 25 % de sang stérile de mouton ou de charbon activé qui neutralisent les AG insaturés toxiques + éventuellement des Ab comme la céfalexine pour la sélectivité).

Il existe d'autres milieux :

charbon de bois, amidon, extrait de levure, bouillon coeur, additionné de sang de cheval à 10% et de cefalexine à 40 µg.mL-1.

L'ensemencement est réalisé SUR PLACE, le milieu servant de milieu de transport. On risque sinon de perdre la bactérie.
La température d'incubation doit être de 35-36°C et non 37°C. La durée nécessaire est souvent de plusieurs jours (3 à 7).
L'atmosphère est normale (aérobie stricte) mais doit absolument éviter la dessication.Les colonies obtenues sont normalement S dans un premier temps (phase 1, souche virulente et capsulée) mais évoluent rapidement vers des formes R non pathogènes (phases 2,3,4).

L'identification biochimique et immunologique permettra de préciser le taxon isolé.

Un diagnostic direct par immunofluorescence ou immunoenzymologie semble possible.

L'amplification génique est utilisée pour le diagnostic et est particulièrement utile. Le diagnostic sérologique est aussi possible et utile..

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4. identification

L'identification est réservée aux laboratoires spécialisés.

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5. traitement et antibiogramme

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6. prophylaxie

Mais aujourd'hui, la vaccination systématique des enfants a déplacé la maladie chez les adultes. Une étude de 1999 montre que chez des jeunes de plus de 18 ans présentant une tous persistante sans cause évidente, 32 % avaient en fait une coqueluche, malgré une vaccination infantile. On estime l'incidence à 508 cas pour 100 000.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin, complété par Dominique Étienne, qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci. Mer 25 jan 2006

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