Bacilles Gram négatif aéroanaérobies de culture facile : Entérobactéries, Vibrionaceae, Aeromonadaceae

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mercredi 15 février 2006

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Il semble plus logique de rassembler ces bactéries très proches phénotypiquement et dont le pouvoir pathogène est proche : le choléra et les infections à ETEC sont de même nature et de gravité équivalente.


1. morphologie classification

définition

Les bacilles gram négatif aéroanaérobies de culture facile sont :

On distingue les différentes familles par différents caractères :
Familles :
Enterobacteriaceae
Vibrionaceae
Aeromonadaceae
Mobilité négative ou péritriche
(sauf Plesiomonas…)
négative ou polaire négative ou polaire
Oxydase négative (sauf Plesiomonas) positive positive
Genres Liste des genres et espèces d'Entérobactéries en 2002 (Bergeys)
en gras les genres et espèces fréquents en microbiologie médicale

Alterococcus
Arsenophonus
Brenneria
Buchnera
Budvicia (aquatica)
Buttiauxella (agrestis)
Calymmatobacterium
Cedecea (davisae,lapagei)
Citrobacter (freundii, diversus, amalonaticus)
Edwardsiella (tarda, hoshinae, ictaluri)
Erwinia
Enterobacter (aerogenes, cloacae, asburiae, agglomerans (voir Pantoea), gergoviae, sakazakii, taylorae, amnigenus, intermedium)
Escherichia-Shigella (coli, fergusonii, hermanii, vulneris, blattae, Shigella)
Ewingella (americana)
Hafnia (alvei)
Klebsiella (pneumoniae, oxytoca, planticola, terrigena)
Kluyvera (ascorbata, cryocrescens)
Leclercia (adecarboxylata)
Leminorella (grimontii, richardii)
Moellerella (wisconsensis)
Morganella (morganii)
Obesumbacterium (proteus)
Pantoea (agglomerans) genre remplaçant Enterobacter agglomerans
Pectobacterium
Photorhabdus
Plesiomonas (oxydase +)
Pragia (fontium)
Proteus (vulgaris, mirabilis, penneri, rettgeri, myxofaciens)
Providencia (stuartii, alcalifaciens, rustigianii)
Rahnella (aquatilis)
Saccharobacter
Salmonella (enterica)
Serratia (marcescens, liquefaciens, rubidae, odorifera, plymuthica, ficaria)
Sodalis
Tatumella (ptyseos)
Trabulsiella ex Koserella ?
Wigglesworthia
Xenorhabdus (luminescens, nematophilus)
Yersinia (enterocolitica, frederiksenii, intermedia, kristensenii, pestis, pseudotuberculosis)
Yokonella (regensburgei)

(famille des Enterobacteriaceae, Ordre des Enterobacteriales (une seule famille), Classe des GammaProteae...)

genre Vibrio
genre Listonella
genre Photobacterium
genre Aeromonas

On prendra garde qu'une définition aussi précise ne peut que supporter des exceptions : le genre Plesiomonas va intégrer les Enterobacteries bien qu'oxydase + à ciliature polaire en raison de ses parentés génétiques avec Proteus ! N'oublions pas que les caractères phénotypiques sont limités et que 100 % en taxonomie cela n'a guère de sens.

Plesiomonas, parfois classé dans la famille des Vibrionaceae, est génétiquement très proche de Proteus, Entérobactérie, et doit, quoique il en coûte, y être placé. On ne peut définir une famille sans aucun regard (ou un regard limité) sur le DNA des bactéries ! Plesiomonas est donc une Entérobactérie.

Le génome de Vibrio cholerae est entièrement séquencé. Il contient 4 033 460 paires de bases (4 Mpb) réparties sur deux DNA circulaires (2,96 Mpb et 1,07 Mpb). Les gènes de virulence sont sur le premier, et 105 gènes sont en double, un exemplaire par chromosome. (Le Monde 4 août 2000)

Ymagier :

Vibrio
gram
microscopie électronique (MET)
Vibrio sur une cellule (MEB)

antigènes

Les antigènes portés par les Entérobactéries (et les autres ????), communs avec ceux d'autres bacilles gram - sont :

Ag O

Comme les autres bactéries gram - , la paroi des Entérobactéries est recouverte d'une membrane externe dont le feuillet externe est constitué du LPS

image plus précise de la structure du LPS de Salmonella typhimurium

Certaines mutations affectent le core et/ou l'Ag O et on distingue:

La structure de l'Ag O est très variable d'une espèce à l'autre et au sein d'une même espèce, d'où le sérogroupage (E.coli, Salmonella)

Ag capsulaires

Certaines souches possèdent en plus une enveloppe polyosidique constituant une véritable capsule et donnant un aspect muqueux (colonies M : ex Klebsiella pneumoniae, certains E.coli). Ces souches présentent un Ag K qui masquent l'Ag O (on le détruit par chauffage 1 heure à 60 °C avant de rechercher l'Ag O).

Certaines Salmonella ( Typhi, Paratyphi C, rares Dublin ) possèdent des Ag de surface (Vi) polyosidiques de même nature que les AgK. Des phages les utilisent comme répcepteurs. Cet Antigène Vi est retrouvé aussi chez des Citrobacter.

Ag flagellaires H

Il existe des souches de Salmonella et d'autres Entérobactéries ( mobiles ! ) possédant un Ag H flagellaire, polypeptidique et souvent diphasique (2 gènes différents codent pour deux types de flagellines mais leur contrôle génétique fait que l'expression du gène est, pour un individu unique : dans la culture les deux types peuvent cohabiter).

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2. habitat

Entérobactéries

Les Entérobactéries sont présentes dans de nombreux éco-systèmes, en particulier l'intestin qui leur a donné son nom mais aussi dans l'environnement (eau, sol). Elles peuvent être saprophytes, commensales ou pathogènes. Le cas d'E. coli est typique puisque cette bactérie est retrouvée dans les eaux souvent en provenance d'une contamination fécale, dans l'intestin et certains E. coli sont pathogènes chez l'homme ou l'animal.

E. coli est utilisé en microbiologie alimentaire comme indicateur de contamination fécale : sa présence, en fonction de sa concentration, signe que des matières fécales ont été en contact avec l'aliment, donc

On prendra garde au fait que les dénombrements d'E. coli ne sont que des tests de contamination fécale et que ces E. coli ne sont pas considérés comme pathogènes (même s'ils le sont !).

Les coliformes ou les Entérobactéries sont aussi utilisés comme des tests de contamination fécale présumée.

Vibrionaceae et Aeromonadaceae

Les Vibrionaceae et les Aeromonadaceae sont des bactéries fréquentes dans les eaux (de rivière et de mer). Certaines sont halophiles (ne peuvent vivre qu'en présence de "sel"). En fait on trouve des halophiles se multipliant mieux en présence de sel mais capables de se multiplier dans les milieux hypotoniques, des halophiles "stricts" ne cultivant pas en milieux hypotoniques. L'élément indispensable est semble-t-il le sodium. Le degré de tolérance vis à vis de la concentration sodique dépend des souches). Vibrio cholerae est tolérante aux milieux hypotoniques tandis que Vibrio parahaemolyticus ne peut y cultiver.

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3. pouvoir pathogène

Le pouvoir pathogène des Entérobactéries concerne les syndromes digestifs, les infections du tractus urinaire, et une maladie très particulière, la PESTE. D'autres localisations sont possibles mais liées souvent à la dissémination des germes à partir du foyer initial.
N'oublions pas que des Entérobactéries sont phytopathogènes comme Pantoea (Enterobacter agglomerans)


3.1. Syndromes digestifs

De nombreuses Entérobactéries sont capables d'infecter l'individu. Certaines sont toutefois plus pathogènes que d'autres :

Les divers modes d'action des bactéries entéropathogènes sont les suivants :

On prendra garde que ces différents facteurs de virulence bactériens sont fonction de l'hôte.

De plus, ces différents facteurs de virulence sont exprimés à des degrés forts variables chez les différentes bactéries, sans être toujours bien connus, et peuvent atteindre des lieux variés du tube digestif (intestin grêle (duodénum, iléon, jéjunum), gros intestin). De plus la réaction dépend de l'hôte.
Quelques exemples :

Salmonella Typhi est d'abord à multiplication intracellulaire suivie éventuellement d'une invasion lymphatique. Elle passe probablement par les cellules M de l'épithélium, cellules assurant le transfert au système immunitaire (macrophages et cellules dentritiques). La typhoïde, spécifiquement humaine, est la salmonellose la plus grave avec 17 mllions de malades par an dans le monde, 600 000 morts (80 % d'enfants de moins de 5 ans). En France, les cas sont rarissimes (une épidémie de 5 cas en 2003) et les cas sont essentiellement d'importation.

Shigella dysenteriae, les EIEC (Entéro-invasifs) sont d'abord à multiplication intracellulaire et toxinogènes (vérotoxine).

Les EPEC agissent essentiellement par "effacement" des microvillosités par une toxine altérant le cytosquelette cellulaire.

Les ETEC libèrent des entérotoxines cytotoniques

Les EHEC (entérohémorragiques) libèrent une quantité importante de cytotoxines dans le gros intestin probablement et peuvent être invasifs (peut être seulement chez certains individus). Ils libèrent aussi une toxine agissant sur le cytosquelette.

Yersinia enterocolitica et pseudotuberculosis envahissent la muqueuse intestinale près de la fin du grèle.

Cas du Choléra et des ETEC :

C'est essentiellement le choléra qui pose problème ce qui n'exclut pas l'intervention d'autres Vibrionaceae ou Aeromonadaceae dans différents syndromes opportunistes. On peut en particulier noter le rôle de Vibrio parahaemolyticus dans quelques intoxications alimentaires liées à la consommation de produits de la mer très rares en France.

Le choléra est une maladie redoutable caractérisée par une diarrhée afécale (en eau de riz) qui peut être extrêmement importante (10 litres par heure ) et va entraîner la mort par déshydratation. De nombreux cas sont asymptomatiques ou avec une diarrhée légère (de 4/5 pour V. cholerae cholerae à 1/40 pour Vibrio cholerae El tor).

Le choléra est essentiellement du à une toxine protéique qui se fixe sur l'entérocyte, provoque une augmentation de l'AMPc intracellulaire ce qui conduit à des modifications de la perméabilité aux Chlorures qui sont excrétés de la cellule et entraînent la perte sodée et liquidienne.
(voir toxines cytotoniques)

La bactérie, découverte par Koch en 1883, ne se multiplie que dans la lumière de l'intestin : elle n'est pas invasive (au sens de pénétration dans l'individu proprement dit comme au sens d'invasion intracellulaire).

Le vibrio cholérique appartient au sérotype O1. Il existe deux biovars, classique et El tor. On peut distinguer trois variétés antigéniques plus ou moins claires (Inaba, Ogawa et discutée Hikojima).

Un nouveau Vibrio de sérotype O139 est apparu en 1993 dans le sous-continent indien. Il semble redoutable et très épidémique mais n'a pas disséminé au delà. Il résulte probablement d'échanges génétiques entre Vibrio. Il existe en effet 150 sérovars de V. cholerae.

La pandémie actuelle a débuté en 1961 en Indonésie et s'est répandue dans le monde entier, essentiellement fixée dans les pays pauvres d'hygiène fécale défaillante et chauds :

  • Amérique latine (sauf Argentine, Paraguay, Uruguay et Guyanes
  • Afrique noire y compris Madagascar.
  • Iraq, Iran, Afghanistan, Inde, Viet-Nam, Cambodge...
État mondial du Choléra
Épidémie actuelle (Vibrio eltor)

Pandémie Dates Régions touchées
Première 1817-1824 Asie, Afrique, Europe
Deuxième 1829-1837 Asie, Afrique, Europe, Amérique
Troisième 1840-1860 Asie, Afrique, Europe, Amérique
Quatrième 1863-1875 Asie, Afrique, Europe, Amérique
Cinquième 1881-1896 Asie, Afrique, Europe, Amérique
Sixième 1899-1923 Asie, Afrique, Europe
Septième 1961-1992 Asie, Afrique, Europe, Amérique

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3.2. Syndromes urinaires

E. coli est le pathogène le plus important au niveau du tractus urinaire. Il s'agit de certains sérovars O très particuliers ( O1, O2, O4, O6, O17, O18, O22, O75) qui sont en cause, les UPEC (uropathogènes). Ils gagnent le rein par la voie ascendante en remontant l'urêtre. Ce sont probablement des hôtes normaux de la flore commensale de l'individu qui sont en cause. Il existe très certainement une sensibilité individuelle particulière.

D'autres bactéries sont mises en cause dans ces infections du tractus urinaire, souvent à la suite de manipulations de type sondage chez des patients malades.

Les EHEC peuvent déclencher un syndrome hémorragique et urémique par action de la toxine sur les cellules rénales chez les individus sensibles.


3.3. La peste

C'est Yersinia pestis qui est la cause de la peste, maladie redoutable et toujours possible car de nombreux foyers persistent dans le Monde, en particulier à Madagascar ou aux USA mais aussi en Algérie de façon sporadique.
Yersin isola la bactérie de cadavres de pesteux en 1894 et Simond mis en évidence le rôle de la puce comme vecteur. Le rôle de réservoir des rats paraissait évident par la mortalité affectant ces animaux avant l'épidémie humaine. La peste est une anthropozoonose.

Trois grandes pandémies durant l'histoire :

Une petite épidémie tue 30 personnes en région parisienne en 1920 (chiffonniers de Saint Ouen) et quelques cas en 1945 en Corse.

La maladie présente deux aspects possibles :

Attention : la peste noire ne se traduit pas par des cadavres noirs... Pestis atra signifie en latinmort horrible (voir "Pas vite et reviens tard" de Fred Vargas, intéressant roman sur la peste de 1920. (éditions Vivane Hamy)

Lire "évidemment" La peste d'Albert CAMUS.
Voir : http://www.insecta-inspecta.com/fleas/bdeath/Black.htm
http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/peste.htm

les deux cartes ci-dessous sont issues de ce site. Comme toute donnée historique, il reste bien des incertitudes sur le Peste noire...

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4. isolement

Les bacilles gram négatifs aéroanaérobies de culture facile cultivent sur tous les milieux sans inhibiteurs habituels en aérobiose et anaérobiose (GO, GTS, CLED, Gélose au sang, Gélose chocolat enrichie...).

L'isolement polyvalent sélectif utilise le milieu de Drigalki ou EMB. Les agents sélectifs utilisés sont le désoxycholate (pratiquement dans tous les milieux sélectifs des Entérobactéries), le cristal violet, le vert brillant...

Pour rechercher les Salmonella des milieux facilitent la recherche des colonies pouvant en être : on utilisera par exemple Hektoen, SS, Rambach agar ... Les caractères utilisés sont la non-utilisation du lactose, du saccharose et de la salicine ainsi que la production éventuelle d'H2S (Salmonella seulement). On ne peut en aucun cas affirmer que les milieux utilisés "favorisent" les Salmonella : toutes les bacilles gram - risquent d'y cultiver (sauf cas particuliers) mais peuvent donner des aspects différents de celui des Salmonella ou Shigella. Le cas du milieu Hektoen est particulièrement intéressant : il a été inventé pour éliminer les Proteus vulgaris saccharose + de l'analyse ultérieure mais les Pseudomonas y cultivent (donnant des colonies vertes ou bleues) comme les E. coli (donnant des colonies éliminées puisque saumon). Une enrichissement en Salmonella est possible.

La recherche spécifique de Yersinia utilise le milieu Yersinia-CIN. Les Yersinia utilisent le mannitol du milieu.

La recherche des Vibrio cholerae utilise un enrichissement, particulièrement en cas de recherche chez le porteur sain. Il est réalisé en eau peptonée salée (30 g.dm-3) alcaline (pH 8,8 environ). La durée de l'incubation doit être courte. L'isolement peut être réalisé sur gélose TCBS (thiosulfate, fer III, citrate, bile, saccharose, BBT et BT, pH 8,6) directement ou à partir de la surface de l'eau peptonée alcaline d'enrichissement. Les colonies suspectes sont H2S -, saccharose + et oxydase +

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5. identification

Les bacilles gram négatifs aéroanaérobies de culture facile sont identifiés essentiellement par des microméthodes, inventées avec la galerie API20E dans les années 1970 pour identifier de nombreuses Entérobactéries pathogènes opportunistes. Ce sont :

Galerie conseillée :

Le sérogroupage est applicable au genre Salmonella, Shigella, Yersinia enterolitica et pour les E. coli entéropathogènes des nourrissons (bien discutable!). Il l'est aussi pour Vibrio cholerae :

  • le sérotypage

La recherche des toxines se fait dans certains laboratoires hospitaliers. Il existe des techniques de dosage de la toxine (essai sur des cellules en culture, particules de latex sensibilisées par des anticorps anti TC, Elisa ) ou de mise en évidence du gène codant pour la toxine (ctx) par sonde moléculaire clonée chez E. coli agissant sur les fragments de restriction de l'ADN de la bactérie testée

Dans le cas de la peste, un test récent permet la détection d'un antigène F1 spécifique dans tout prélèvement, y compris chez les rongeurs. Le test est immunochromatographique (voir Opéron n°26). Il est utilisable en "brousse" très facilement.

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6. traitement et antibiogramme

Le traitement des diarrhées est souvent symptomatique : la diarrhée est avant tout un moyen de défense de l'individu qui élimine ainsi le pathogène. Le grand danger est la déshydratation qui doit être compensée. La réhydratation du malade utilise

    • glucose 20 g
    • NaCl 3,5 g
    • KCl 1,5 g
    • Citrate disodique anhydre 2,9 g ou hydrogénocarbonate de sodium 2,5 g

      (osmolarité 311 mosm/L)

En cas de fièvre et d'invasion, l'antibiothérapie sera très sûrement nécessaire.
Les Gram - sont constamment résistants à la Pénicilline G qui ne peut pas pénétrer. Ils sont par contre le plus souvent sensibles à l'ampicilline, molécule résultant d'une modification simple de la pénicilline G.

Quelques particularités peuvent être notées chez les Entérobactéries :

C'est chez les Entérobactéries que les transferts de plasmides porteurs de la résistance à de multiples antibiotiques ont été mis en évidence. La découverte au Japon de Shigella multirésistantes chez un malade a conduit les chercheurs à trouver des E. coli commensaux qui avaient les mêmes résistances : ils ont pu ainsi montrer que la bactérie commensale avait transmis à la pathogène les gènes de résistance par l'intermédiaire d'un plasmide.

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7. prophylaxie

La lutte contre les maladies d'origine digestive met en jeu :

  • l'hygiène et en particulier la lutte contre le péril fécal
  • le traitement des malades
  • la vaccination :
    • Pour le choléra : Le vaccin classique (bacilles tués injectés) est d'intérêt douteux et actuellement abandonné. Des vaccins nouveaux ont été recherchés :
      • un vaccin vivant oral obtenu par génie génétique n'a pas donné de bons résultats. (avec risque de réversion)
      • l'anatoxine préparée s'est révélée inefficace sur le terrain.
      • des extraits de V. cholerae (toxines, cellules entières tuées) par voie orale, à l'heure actuelle en test, sont probablement généralisables.
        Voir : le Choléra dans tous ses aspects (en particulier revue des vaccins)

    • Pour les fièvres typhoïdes et paratyphoïdes, le classique TAB, utilisé contre S. Typhi, ParaA et ParaB a été abandonné en raison de son efficacité limitée et des fortes réactions qu'il suscitait. Il est remplacé, contre Salmonella Typhi seulement par l'antigène polyosidiqueVi purifié, vaccin coûteux et efficace.

La lutte contre la peste c'est d'abord la lutte contre le rat donc une amélioration des conditions d'hygiène. Le vaccin existant est peu efficace. Une prophylaxie par antibiotiques est possible.

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Ce texte a été écrit par Jean Noël Joffin qui souhaite que vous lui transmettiez vos critiques. Merci.Mer 15 fév 2006

compléments

dfgdf

un témoignage sur le choléra par Claudine SCHUSTER (2000) :

    La situation du choléra devenant explosive et absolument déconcertante, il me démange de vous raconter ce que je découvre! Les rares "pontes" du Ministère de la Santé sont arrivés hier: nous en sommes à 850 décès recencés avec une véritable "flambée" qui est apparue depuis Noël, en même temps que les pluies. Les barrages de doxycycline (antibiotique de la famille des tétracyclines) n'ont évidemment pas empêché le Vibrio de s'installer sur tout le territoire maintenant, même si, d'après les spécialistes, ils ont quand même permis de ralentir son expansion.

    Dans la région de Tuléar (côte Sud-ouest) il y a eu 100 morts en une semaine et la municipalité est paniquée: c'est une région que nous avons découverte à la Saint Sylvestre, peuplée à l'origine par les pécheurs Vezo dont les traditions funéraires sont très particulières. Les morts doivent être exposés sur la plage devant leur habitation pendant 10 jours, temps nécessaire pour qu'ils "sèchent" au soleil et que l'on fasse la fête autour du corps tous les soirs. On y danse et on y boit beaucoup de rhum, moins cher que l'eau minérale bien sûr... On peut ensuite l'enterrer, dans un tombeau souvent beaucoup plus grand que la maison du défunt et construit en dur ce qui endette souvent la famille pour une génération sinon plus ! Il faut aussi abattre un maximum de zébus pour nourrir tous les invités. Qu'à cela ne tienne un Malgache même pauvre doit être bien enterré, c'est primordial. Ici, près de Tananarive (Antananarivo), c'est aussi important mais il n'y a pas l'étape de l'exposition du corps, c'est donc un peu plus facile à gérer au niveau hygiène. Cela dit, les gens ont tellement peur que l'on refuse de leur rendre leurs morts qu'ils ne conduisent pas les malades à l'hôpital. Ils ont vu à la télé que les cadavres de cholériques étaient mis dans des sacs plastiques et jetés dans une fosse crésylée et c'est la honte absolue pour eux.

    Par ailleurs, depuis longtemps déjà, les équipes de "médecins du monde" s'arrachent les cheveux à Tuléar ou une autre tradition empêche les Vézo d'utiliser les latrines; en effet, puisque ce que l'on enterre est sacré ( = les ancêtres) il leur est impossible d'enfouir leurs déchets, et de mélanger ceux des hommes et des femmes: chacun se soulage donc sur la plage, et quand la marée monte: environ 50 cm d'une eau bien chaude et bien salée vient " nettoyer" tout cela. Vous imaginez sans doute la joie pour ce cher Vibrio !!

    Nous sommes donc loin d'un seul problème d'hygiène et c'est un choléra "culturel" qui est en train de disséminer une population que pas grand monde n'a pris soin d'éduquer, même si je reconnais que la tâche n'est pas facile. Je me demande parfois si c'est l'an 1000 ou l'an 2000 que l'on vient de fêter..

le Choléra dans tous ses aspects (en particulier revue des vaccins)
Infection d'origine alimentaire à Vibrio parahaemolyticus (BEH 1999)
VOIR : http://medecinetropicale.free.fr/cours/cholera.htm
VOIR : http://www.microbes-edu.org/professionel/diag/vibiro.html
VOIR http://www.who.int/emc-documents/cholera/docs/whoemcdis973rev1f.pdf
Vous téléchargerez un document de 127 pages "Méthodes de laboratoire pour le diagnostic de la dysenterie épidémique et du choléra du CDC d'Atlanta 2002
MODE D'ACTION DE LA TOXINE

article prévisionnel sur les E. coli pathogènes

Épidémie de shigellose par baignade (BEH)